Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /2010 15:12

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Dans une première vie, Craig Metros était designer chez Ford à Detroit.Il travaille toujours pour Ford mais à Melbourne désormais où il vit et possède également un atelier. Il oeuvre dans la galaxie d'une americana contemporaine regroupant voitures, engins spatiaux et objets divers dans des tableaux composites mêlant bois, peinture acrylique et métaux divers. Il est l'un des contributeurs favoris de l'excellent Fuel magazine, titre australien de bonne tenue. Outre un métier bonnard et du talent à en revendre, il possède également un coupé Ford 31 préparé par ses soins. M'agace un peu quoi...


 

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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /2010 08:46

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Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c’est possible. On aime mieux être au courant de l’instant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l’air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d’avoir un premier repère, une inscription, unnuméro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d’une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l’importance : telle que la plupart d’entre nous décident, acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche plus souvent que le droit. Or ce moment exact, Gregor ne le connaîtra jamais, qui est né entre vingt-trois heures et une  heure du matin. Minuit pile ou peu avant, peu après, on ne sera pas en mesure de le lui dire. De sorte qu’il ignorera toute sa vie quel jour, veille ou lendemain, il aura le droit de fêter son anniversaire. De cette question du temps pourtant si partagée, il fera donc une première affaire personnelle. Mais, si l’on ne pourra l’informer de l’heure précise à laquelle il est apparu, c’est que cet événement se produit dans des conditions désordonnées. 

D’abord, quelques minutes avant qu’il s’extraie de sa mère et comme tout le monde s’affaire dans la grande maison – cris de maîtres, entrechocs de valets, bousculades de servantes, disputes entre sages-femmes et gémissements de la parturiente –, un orage fort violent s’est levé. Précipitations granuleuses et très denses provoquant un fracas étale, feutré, chuchoté, impérieux comme s’il voulait imposer le silence, distordu par des mouvements d’air cisaillants. Ensuite et surtout, un vent perforant de force majeure tente de renverser cette maison. Il n’y parvient pas mais, forçant les fenêtres écarquillées dont les vitrages explosent et les boiseries se mettent à battre, leurs rideaux envolés au plafond ou aspirés vers l’extérieur, il s’empare des lieux pour en détruire le contenu et permettre à la pluie de l’inonder. Ce vent fait valser toutes  les choses, bascule les meubles en soulevant les tapis, brise et dissémine les bibelots sur les cheminées, fait tournoyer aux murs les crucifix, les appliques, les cadres qui voient s’inverser leurs paysages et culbuter leurs portraits en pied. Convertissant en balançoires les lustres sur lesquels s’éteignent aussitôt les bougies, il souffle également toutes les lampes. 

La naissance de Gregor se déroule ainsi dans cette obscurité bruyante jusqu’à ce qu’un éclair gigantesque, épais et ramifié, torve colonne d’air brûlé en forme d’arbre, de racines de cet arbre ou de serres de rapace, illumine son apparition puis le tonnerre couvre son premier cri pendant que la foudre incendie la forêt alentour. Tout s’y met à ce point que dans l’affolement général on ne profite pas de la vive lueur tétanisée de l’éclair, de son plein jour instantané pour consulter l’heure exacte – même si de toute façon, nourrissant de vieux différends, les pendules ne sont plus d’accord entre elles depuis longtemps. 

Naissance hors du temps, donc, et hors de la lumière car on ne s’éclaire qu’ainsi à cette époque, à la cire et à l’huile, on ne connaît pas encore le courant électrique. Celui-ci, tel qu’aujourd’hui nous en  possédons l’usage, tarde encore à s’im  poser dans les moeurs, il ne serait pas trop tôt qu’on s’en occupe. Comme s’il s’agissait de régler cette autre affaire personnelle, c’est Gregor qui va s’en charger, c’est à lui qu’il reviendra de le mettre au point.

 

 

 
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De telles venues au monde risquant de vous rendre un peu nerveux, son caractère se dessine vite : ombrageux, méprisant, susceptible, cassant, Gregor se révèle précocement antipathique. Il se fait tôt remarquer par des caprices, des colères, des mutismes, des fugues et des initiatives intempestives, destructions, bris d’objets, sabotages et autres dégâts. Sans doute pour régler cette question du temps qui paraît lui tenir à coeur, il entreprend ainsi dès qu’il peut de démonter toutes les horloges,  pendules et montres de la maison – certes pour tenter de les remonter ensuite mais observant alors non sans rage que, si la première étape de ces opérations marche toujours, le succès de la seconde  est beaucoup plus rare.

 

...

 

 

Des éclairs, prochain roman de Jean Echenoz, troisième de sa trilogie "biographique" après Ravel et Courir, consacré à Emil Zatopek, paraîtra le 23 septembre aux éditions de Minuit. Son héros, Gregor, est librement inspiré de Nicolas Tesla.

 

Vous venez d'en lire les première pages.

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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /2010 09:37

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Via Bubblevisor

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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /2010 08:57

... a un plan.

 

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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /2010 07:53

 

En préambule, je dois vous causer un peu de Christophe L. J'ai connu ce mec par ce blog sur lequel il a laissé une paire de commentaires avant de m'envoyer un message. De coups de fil sans lendemain en rendez-vous manqués, il nous a fallu près d'un an pour nous rencontrer enfin, aux dernières journées Coyote, organisées à Nogaro.

 


 

Harley-Davidson 1000 XLCR

 

Cet élégant quadra qui paie l'essence (et l'huile) de ses meules en bossant dans le téléphone a longtemps collectionné des anglaises un peu âgées et incontinentes - des Bonneville en particulier, modèle qu'il connaît par coeur distinguant les millésimes par la forme des cadres, reconnaissant ici un assemblage de pièces, là une restauration period perfect... -  avant de passer du côté obscur en s'offrant une Harley. Dans l'un de ses messages, il me faisait savoir qu'il avait récemment fait l'acquisition d'un XLCR. Comme chacun le sait, cette bécane désormais légendaire a connu un succès plus que mitigé lors de sa sortie en concession. A vrai dire, ce fut un vrai bide : il s'en est vendu seulement 9 exemplaires en France ! Il était donc pour moi fort peu vraisemblable que Christophe en possédât une. Il avait forcément bafouillé du clavier et c'était d'un XLCH qu'il me causait. Un XLCR, allons mon bon, un peu de retenue !

 

 

Force me fut de constater lors de notre rencontre en terres gersoises que l'engin était bel et bien la légendaire XLCR, dans son beau jus d'époque, sa robe noire fort opportunément constellée de moucherons suicidés qui auront à peine pas eu le temps de savoir l'honneur qu'ils connaissaient à finir ainsi écrabouillés sur un rare tête de fourche portant les nobles couleurs unies de Harley et des magasins Borie à Paris. Car c'est là que la moto fut sortie de caisse et assemblée avant de partir vers le sud ensoleillé pour y connaître sa première vie sous les fesses d'un amateur niçois aussi clairvoyant que soigneux. Quelques petites dizaines de milliers de kilomètres (oh, pas beaucoup !) et de nombreuses années plus tard, Christophe après de longues et patientes négociations en fit l'acquisition et rapatriat la bête vers le sud-ouest où elle coule désormais des jours tranquilles égayés ça et là par quelques sorties sportives à sa mesure.


 


Harley-Davidson 1000 XLCR

 

 

 

 

Harley-Davidson 1000 XLCR

 

 

 

 

Harley-Davidson 1000 XLCR

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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /2010 08:08

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My Freedamn #8 Rin Tanaka

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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 08:14

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http://i338.photobucket.com/albums/n432/vonsontag/art/Peter_Saville_-_American_Cityscapes.png

 

Peter Saville

 

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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /2010 08:17

 

Il y a une quinzaine d'années de cela, j'étais libraire.

 

Un jour, un client, galeriste, a laissé en dépôt une pile de grands livres blancs à la couverture de carton fort. J'ai ouvert l'exemplaire au dessus de la pile et j'ai feuilleté. J'ai ensuite acheté ce livre, le plus beau livre de ma vie.

 

http://i338.photobucket.com/albums/n432/vonsontag/art/DSC_0825.jpg

 

Eric Poitevin est photographe. Il produit depuis les années 80 une oeuvre habité par le temps : on connaît de lui ses photos prises dans les bois qui entourent les champs de batailles de la Grande Guerre, ses images de biches mortes prises à la chambre, ses photos de corps sur fond blanc et une incroyable et magnifique série des derniers poilus survivant de la première guerre mondiale. Un photographe obsédé par le temps et son oeuvre qui, sous une forme hyper contemporaine, perpétue l'interminable travail des artistes classiques confrontés à la mort, à l'histoire.

A la mort de son grand-père, nous dit l'histoire, Eric Poitevin a hérité d'un cabinet contenant la collection de papillons de ce dernier. Las, la collection, soigneusement conservée dans des boîtes vitrées, ,'était plus que poussière colorée, ironiquement décrite pas des étiquettes jaunies et délavées.

 

Alors Eric Poitevin a pris sa chambre photographique et a saisi, grandeur nature, chacune des boîtes à papillons qui constituaient la collection évanouie de son grand-père mort.

 

Je ne suis pas certain de ce qu'il a essayé de partager avec nous, mais je sais ce que je ressens chaque fois que j'ouvre ce livre. Je sais aussi que Jean-François Dumont et Jean-Paul Michel, l'éditeur, ont trouvé là-dedans assez de beauté et de sens pour avoir envie d'en faire un bel ouvrage et qu'il est aujourd'hui dans ma bibliothèque.

 

 


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J'aurais pu rechercher l'email de l'artiste et lui écrire en lui demandant de confirmer cette histoire. Je ne l'ai pas fait. Elle est trop belle.

 

 

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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /2010 09:50
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /2010 08:00

 

 

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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 08:00

http://i338.photobucket.com/albums/n432/vonsontag/Motos/012.jpg

Trouvé ça sur l'excellent blog de Dice. Pas loin de penser qu'il s'agit là d'une image heureuse.

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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /2010 21:32

http://i338.photobucket.com/albums/n432/vonsontag/Motos/deanswedenandstuff232.jpg

 

Via DiCe

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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /2010 08:17

AMC

AMC Cars

 

 

 

 

 

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http://i338.photobucket.com/albums/n432/vonsontag/bagnoles/1968_AMC_Javelin_SST_Sport_Coupe_f3.jpg

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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 07:31

 

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Je me souviens (presque) bien de cet article du Magazine Littéraire sur la littérature américaine qui, au détour d'une interview de Brice Matthieussent et Christophe Claro (que leurs gonades soient éternellement préservées du flétrissement) sur l'état de la traduction des auteurs ricains en langue française, annonçait la création d'une improbable collection « lot 49 » au Cherche Midi. Les deux traducteurs estimaient que pour de sombres raisons économiques un certain nombre d'ouvrages que leur ambition littéraire condamnaient à une faible diffusion commerciale ne connaitraient jamais de publication en France et qu'ils entendaient remédier à cela grâce à cette nouvelle collection.

 

Histoire de leur donner raison et tort à la fois, le premier titre paru sous l'enseigne du Lot 49 fut Trois fermiers s'en vont au bal, premier et meilleur écrit de Richard Powers. Coup d'essai, coup de maître, le roman compliqué de l'avant gardiste neuro-romancier connut un succès que n'avaient certainement jamais osé espérer traducteurs ou éditeur. Raison ils avaient eue de vouloir nous faire découvrir cet auteur en langue française et tort en le croyant condamné à être lu par un cénacle d'américanomanes élitistes. L'ouvrage reçut un magnifique accueil critique et fut un vrai succès de librairie.

 

Dans l'interview citée plus haut, Mathieussent et Claro mentionnaient également The Tunnel de William Gass, qui aurait mieux fait, pour la beauté de sa légende, de rester inédit en français : cela m'aurait évité trois semaines de claustrophobie littéraire et une cruelle désillusion à propos de l'auteur de Au coeur du coeur de ce pays.

 

Tout cela pour vous que j'éprouvais ce que l'usage littéraire et le catalogue de formules toutes faites appellent « des sentiments mêlés » en considérant cet Oméga mineur de Paul Verhaeghen, certes publié dans Lot 49 et traduit par Claro mais aussi épais de 740 pages. Voyez là un effet de mon inclination à la pingrerie, mais j'ai l'habitude d'achever les lectures que j'entame et l'idée de me coltiner un roman de 740 pages avec le souvenir du Tunnel de Gass dont j'avais failli ne jamais sortir me refroidissait un peu.

 

Ajoutez à cela une critique élogieuse qui entonnait l'air du « roman total » accompli (je déteste les romancier qui ont pour ambition d'arpenter tout le monde avec leur stylo) et vous comprendrez que j'aie quelque peu hésité avant de passe à la caisse avec ce roman sous le bras.

 

Mais bon, les vacances approchaient et l'effet combiné d'un niveau d'ensoleillement optimal sur le Sud-Ouest et d'un nouveau job réjouissant ayant considérablement élevé mon niveau de sérotonine, j'ai eu suffisamment de courage pour entamer la lecture de ce pavé (putain, une intro de 2700 signes, j'ai l'impression d'être critique au Monde des Livres !).

 

Oméga Mineur, donc (on y vient) est la seconde œuvre romanesque d'un universitaire belgo-américain (hein ?) spécialisé dans la psychologie cognitive, Paul Verhaeghen. Son premier texte, Lichtenberg / druk 1 , qui a remporté un prix littéraire belge mais m'avait curieusement échappé, sans dote parce que je ne parle pas néerlandais.

 

Pour prendre les choses dans l'ordre il faut respecter la chronologie de lecture.

Soit Paul Andermans, un jeune chercheur en psychologie belge, qui rencontre à l'occasion d'une hospitalisation d'urgence Jozef de Heer, juif néerlandais rescapé des camps. Le jeune homme perdu et le vieillard suicidaire conviennent que le second racontera sa vie au premier en une suite d'entretiens.

Soit dans le même temps Goldfarb, Physicien américain, Prix Nobel, juif et allemand de naissance qui, jeune homme, à contribué par sas recherches, à la fabrication de la première Bombe atomique à Los Alamos tout en transmettant ses secrest de fabrication au russes, histoire de préserver l'équilibre.

Les hasards de la biographie font que tous trois se trouvent à Berlin en cette fin d'hiver 1995.

Andermans est en post-doc, Josef de Heer est en retraite, Golfarb revient en Allemagne pour y diriger un groupe de chercheurs qui enquête sur une curieuse disparition, celle de la masse manquante.

 

L'histoire qui va se nouer ici parle de la montée du nazisme, de la guerre, des camps, de la mort et de la survie. De la responsabilité des meurtriers et de celle des survivants. De la mémoire et de sa perpétuation, de l'Histoire, de ses causes et de ses conséquences. De la faute, de la punition, d'un petit peu d'espoir et de beaucoup de folie.

 

Mais ce que les critiques ont oublié (et j'en soupçonne un bon paquet de n'avoir pas lu le livre en entier – il faudra un jour que je mène un travail un peu systématique sur ces critiques qui extraient systématiquement des romans qu'ils chroniques des citations piochées dans les cinquante premières ou les cinquante dernières pages du livre), c'est que ce satané bouquin, avec toute ses longueurs, ses imperfections, sa folle ambition et son goût de l'histoire, nous parle aussi de littérature dans ce qu'elle a de plus essentiel.

 

Que dire en effet de l'intrique étrange ? Que dire du long récit, fou et terrible, que fait De Heer de sa vie à Paul Andermans ? Que dire enfin de la vie de Golfarb, génie priapique voué au mensonge et saigné à blanc par un grand amour défunt ? Tout ces êtres et le roman qu'ils composent sont faits de mots et d'idées ; et le résultat est un incroyable objet qui se retourne sur lui-même pour nous exploser au visage et ruiner les quelques certitudes que nous avions pu trimballer jusque là.

Ainsi, le récit de survivant serait un genre littéraire comme un autre ? Ainsi, les plus fins connaisseurs de l'âme seraient aveugles ? Ainsi l'amour se nourrit de la même chair morte que le souvenir ? Ainsi tout n'est que ruine et désolation et c'est pourtant sur ce marécage qu'il faut construire et espérer, comme le feront les héros de ce roman ? Ainsi la littératures demeure plus puissante que l'histoire et la vérité ne sert finalement pas à grand chose, sinon à réunir un homme et une femme et à les faire s'aimer sur des ruines.

 

Au moment où je finis ce texte, je me dis que ce satané bouquin, qui parvient à être à la fois tout à fait bouleversant et plutôt décevant, a étrangement quelque chose à voir avec l'un de ces grands textes sanctifiés par l'histoire littéraire : Tristram Shandy ; ou Sterne, en écrivant ce livre, dynamitait un à un tous les codes du roman alors même qu'il les inventait. Oméga Mineur est-il destiné à tenir une telle place dans l'histoire ? J'en doute. Mais le fait est qu'il occupera un rayon à part dans mon histoire de lecteur.


 

Oméga mineur est un roman de Paul Verhaeghen, traduit de l'américain par Claro et publié par ses soins au Cherche Midi dans sa collection Lot 49.


 

Paul Verhaeghen © Koen BroosPaul Verhaeghen - © Koen Broos

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Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /2010 08:46

...aime les livres

 

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