Bon, et bien il va falloir s'y mettre.
J'ai refait les peintures, mis une nouvelle bannière de très bon goût (oui, je sais, mais moi, j'adore !) et j'ai acheté un nom de domaine. Donc, les quelques uns parmi vous qui étaient abonnés aux
fils RSS ou ceux qui avaient bookmarké ce blog, mettez vos tablettes à jour. Maintenant, ici, c'est http://www.ledepassionne.com. Je n'ai plus qu'à me mettre au boulot pour publier plus souvent et
le tour sera joué.
Le baril de Brent est à 130.14€
Aung San Suu Kyi est assignée en résidence
Nicolas Sarkozy est toujours président de la république et Brice Hortefeux toujours ministre.
Mon salaire est tellement bas que c'est tout juste si c'est pas moi qui paye mon patron..
Ma bagnole est moche.
Je ne ressemble pas à Johnny Depp.
Le très funky Benoît XVI est toujours pape.
Le pouvoir d'achat, je peux pas.
Il y a des blogs que je visite tous les jours. Pas besoin de flux RSS, il est désormais dans mes habitudes aux petites heures du matin, tasse
de thé en main, d'aller visiter un certain nombre de lieux amis, histoire de m'éveiller les neurones en douceur. Bien sûr, certains ont disparu de ma toplist, comme Ron l'infirmier dont
l'invraisemblable melon a fini par me fatiguer. Tout commence donc par Pierre Assouline et Francis Pisani.Le bleu du ciela aussi droit à ma visite quotidienne, un peu plus tard parce que le désespoir
nonchalant de Nicolas est parfois un peu plombant. Mon côté latin sûrement, m'empêche d'avoir la même élégance dans la tristesse. Puis vientBoring, un des blogs les plus inutiles au monde -
on dirait une vidéo de jeunesse de Pierrick Sorrin ;CatholicgauzeetStrange mapspour la géographie (en bon paranoïaque, j'adore les schémas qui permettent de tout comprendre d'un coup) et enfinEolas.
Eolas a depuis toujours mes faveurs et n'est pas prêt de les perdre. Sa clarté de vue, son sens de la pédagogie m'ont toujours impressionné comme la qualité de son écriture qui sait si bien mêler
élégance, précision et nonchalance, dans des proportions parfaites. Un parfait gentleman en somme avec ce qu'il faut de morgue et de conscience de sa propre valeur pour tenir le quidam à distance
sans toutefois l'effrayer. On reste devant ce puits de science juridique, un peu intimidé et reconnaissant. Tout au plus regretterai-je un certain manque de calme dans la contradiction qui lui
fait parfois préférer le mépris à la patience dans certaines des discussions qui suivent ses posts, mais quand on a près de 100 commentaires à chaque billet, on peut le comprendre.
Tout ceci pour dire l'estime que je porte à ce Monsieur et le respect que j'ai pour sa mission blogosphérique.
Jeudi dernier, Maître Eolas a donc publié un fort judicieux commentaire sur l'arrêt rendu par la cour de cassation dans l'affaire Alapage ; arrêt qui cassait celui précédemment rendu par la cour
d'appel et qui tendait à exonérer Alapage de tout tort dans une complexe accusation de contravention à la loi Lang de 1981 sur le prix du livre. Par rebond, cet arrêt remettait aussi en cause le
jugement qui quelques semaines auparavant condamnait Amazon pour à peu près les mêmes motifs (en gros hein : je ne suis pas juriste et il me semble que les attendus des deux jugements ne sont pas
exactement identiques. Mais le fait est que, même si les arguments de droit diffèrent, l'on a toujours affaire au SLF, syndicat majoritaire des libraires français, contre des libraires en ligne
qui pratiquent les frais de ports gratuits et la réduction de 5% systématique, ce que ledit SLF considère comme de la concurrence déloyale).
L'article de Maître Eolas, que vous pouvez lire ici, a eu le mérite, outre de
proposer une synthèse explicative idéale, de me faire réfléchir sur les tenants et aboutissants de ces manœuvres juridiques qui, à mon sens, dissimulent pour le moment les profonds
bouleversements qui vont s'opérer dans toute la chaîne du livre, de l'écriture à la lecture en passant par l'édition, la fabrication et la distribution.
J'avoue que mon plaisir à toutefois été gâché par quelques piques à propos de l'utilité de la Loi Lang que je trouvai aussi infondées qu'inutiles. L'emploi du temps d'un avocat doit être ainsi
fait qu'il ne peut parfois pas prendre le temps de se relire et de modérer son propos, je suppose. Je me suis quand même permis une réponse (en plusieurs années de lectures passionnées, j'ai dû
poster trois commentaires sur ce blog) dont je vous livre ici la copie, fautes d'orthographe comprises...).
Bonjour Maître,
Une petite question me taraude depuis que j'ai lu votre compte rendu de l'affaire Amazon [lapsus, c'est Alapage].
A terme, et compte tenu des récentes dispositions sur les responsabilités du vendeur en ligne, le fait que le juge semble étendre les obligations du contrat jusqu'à la livraison de l'objet ne
signifie-t-il pas que les commerçants en ligne, dont la responsabilité s'arrête aujourd'hui à la remise du colis au transporteur (ou à La Poste), devront s'engager à ce que le colis soit bien
livré à la bonne personne ? Cela impliquera certainement des frais supplémentaires (garanties, assurances, services) à la charge du commerçant qui, de fait, sera obligé, passé un certain montant,
de les répercuter sur les prix de vente.
Certains des commentateurs de ce billets ont mentionné des "remises éditeurs" (la marge du libraire) avoisinant les 50%. Pour avoir un temps œuvré dans l'édition, je doute que les marges des
éditeurs, même s'ils possèdent leur propre structure de distribution soient à ce point extensibles que les grands libraires en ligne puissent sans dommages faire reposer toute la pression
financière sur leurs fournisseurs. Il faudra donc, qu'atteint un seuil critique, le client prenne en charge une partie au moins du prix de ce service.
Exit donc les frais de port 100% gratuits.
D'autre part, j'ai trouvé votre commentaire de ce jugement d'une extrême clarté et d'une grande pertinence. Il m'a par exemple bien plus appris sur ses conséquences possibles que toutes les
consultations des forums professionnels. Toutefois, mon plaisir à vous lire a un peu été gâché par vos commentaires, vains et peu informés, sur la loi Lang et son utilité.
Il existe en effet en France un tissu fort dense - bien qu'un peu plus mité chaque jour - de librairies indépendantes, grandes ou petites, qui doivent essentiellement leur survie à cette loi. En
interdisant toute possibilité de dumping commercial d'une part et en protégeant la diversité éditoriale française d'autre part, cette loi à contribué à maintenir une qualité d'offre bien rare en
ce monde. Elle a également participé au renouveau d'une génération de libraires au cours des années 80 qui produit aujourd'hui ce qui se peut faire de mieux en l'espèce. Je vous invite, si vous
désirez approfondir la question, à contacter Henri Martin (La Machine à Lire) à Bordeaux, Christian Torrel (Ombres Blanches) à Toulouse, Josette Vial (Librairie Compagnie) à Paris ou ces
libraires des Arbre(s) à Lettres, qui savent depuis longtemps gérer avec rigueur des librairies de création à la rentabilité plus qu'aléatoire. Ces librairies mêlent fort souvent des fonds
spécialisés à un stock plus grand public qui leur permet de voir se mélanger clientèle de quartier et clients plus "intellos" ; elles ont également un important rôle social : organisation de
rencontres littéraires, lectures et festivals, etc...
En parallèle au dispositif légal, a également été mis en place un ensemble de dispositifs : Direction du livre et de la lecture, délégations du livre dans les DRAC, création par un groupe de
libraires et d'éditeurs de l'ADELC (association interprofessionnelle), création des agences régionales du livre, etc. qui, en proposant aides financières et techniques aux libraires et aux
éditeurs en région, ont permis à ceux-ci de se professionnaliser, augmentant ainsi les chances de survie de leurs commerces. Ces aides ont également créé certains devoirs des libraires à l'égard
de la communauté (voir le rôle social et culturel que je développais plus haut).
Voilà. J'espère que ces quelques [opinions] auront, un temps du moins, retenu votre attention et vous ferons mieux comprendre une situation qui ne peut pas être envisagée uniquement du simple
point de vue du client.
PS. Je tiens la Griffe Noire pour ce qui se fait de pire dans le terrorisme livresque militant. Dommage ;-)
Pour aller un peu plus loin dans ces propos, il faudrait envisager ce problème comme un micro événement dans ce tourbillon qui est en train
d'emporter le monde du livre. J'envisage donc de publier quelques billets sur ce sujet qui feront un succinct état de lieux et étudieront les quelques pistes que proposent les nouveaux modes de
transmission d'informations et de dématérialisation des contenus. Les moins concerné d'entre vous y trouveront peut-être quelques éléments intéressants ; ceux que cela intéresse pourront
commenter ces posts et m'aider à clarifier certains points. Quand à moi, l'exercice, je l'espère, me sera profitable et m'aidera à formaliser mes idées et à remettre cette question en
perspective, il est bien temps.
Merci donc à Maître Eolas, pour son encouragement involontaire et à bientôt.
Illustration : La nébuleuse Amazon visualisée surTouchgraph.com
Dans nos frontières, les CRS n'ont pas très bonne presse quand on les associe à la moto. On pense plus souvent à des termes
comme "radar", "contrôle", "barrage", "prune", "saisie", "rentrer à pied" qu'à des trajectoires au cordeau, de bonnes vibrations et du slider rapé. Ce n'est pas le cas chez nos amis
italiens puisque CR&S est là-bas l'acronyme deCafe Racers &
Superbikes, une petite officine qui s'échine à construire des rares motos, assemblées à la main avec un soin qui
tient davantage de l'orfèvrerie que de la mécanique de grande série. Des motos hors du temps et des modes, avec un slogan "Faite à Milan, avec le coeur et avec la main".
Le modèle phare de CR&S est nommé VUN, ce qui en dialecte milanais singnifie "un" Un comme monocylindre, un comme monoplace,un comme unique. Construite autour d'un moteur Rotax d'une cinquantaine de chevaux légèrement "amélioré" par les soins de CRS, la Vun pèse en tout et pour tout 140 kg. Le
cadre est en treillis de tubes d'acier soudés à la main, la fourche provient de chez Ceriani, l'unique amortissur arrière de chez Ohlins et, cerise sur le gâteau, la moto se dote d'un véritable
bijou : un amortisseur de direction radial provenant lui aussi de la marque suédoise.
Voila qui nous fait donc un petit gromono sympa, bien construit et très très bien équipé, outil idéal pour les balades en Dordogne ou au Pays basque, certainement moins à son aise sur les
parcours de liaison (en gros sur l'autoroute, tu pleures ta mère !) et vraiment joli. Petit détail, l'ensemble des combinaisons esthèqtiques et techniques proposées au bon vouloir du client porte
à 600 les nombre de configurations possible. Du modèle de base gris au modèle équipé de tous les kits racings et des options esthétiques qui vont bien (carbone partout) et à la peinture perso
réalisée selon vos directives par un artisan de pointe, tout est possible. Sky is the limit... Enfin pas seulement le ciel parce qu'évidement tout cela a un prix : 14220 € TTC pour la version de
base... Eh oui, le luxe, c'est du luxe !
Evidement, la VUN n'est pas à la portée de toutes les bourses d'autant que l'absence du chapitre "aspects pratiques" au cahier des charges n'en fait pas l'engin idéal pour aller au turbin tous
les matins. D'un autre côté, quand on voit la quantité de pignoufs prêts à raquer 45 000 euros pour un gros 4x4 puant, on se dit qu'il y a de pire façons d'employer son argent.
Ce créneau du luxe en moto a pour moi cette vertu qu'il permet la conservation d'un esprit d'artisanat et de passion qui, dans notre ère de production de masse, aurait sans doute disparu depuis
longtemps sans tous ces malades bricoleurs, qu'ils soient préparateurs japonais, Kustomisers américains, artisans italiens ou mécanos français (Jean-François Robertpar exemple). Ici, le marketing tient en un seul mot : passion. Passion du constructeur, passion du client et passion du motard. Cela demande certes des moyens financiers
que tous n'ont pas mais la conservation de ce patrimoine de savoirs-faire et d'audaces techniques est à ce prix.
C'est d'ailleurs ce que reflête ce petit film, produit par CR&S lors d'une virée des créateurs de la moto en compagnie de quelques amis vers l'île de Man, à l'occasion du centième
anniversaire du Tourist Trophy, la course de moto la plus légendaire - et dangereuse - de tous les temps. On y voit une quinzaine de bonhommes, bons bourgeois italiens un peu grassouillets, se
retrouver sur le circuit (?) le plus connu du monde et y redevenir les adolescents branleurs et bidouilleurs de mobylettes qu'ils étaient certainement dans leurs jeunes années. Derrière ces
moustaches, ces cheveux gris, ces rides au coeint des yeux, on voit toujours briller l'éclat de leur enfance, les images de leurs héros casqués, leurs rêves de gloire. Si la moto ne devait servir
qu'à cela, ça vaudrait quand même le coup de l'inventer, non ?
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