photo © Van Robinson
La gravure sur les pièces de monnaies est depuis près de trois siècles un art populaire des plus répandus, que ce soit en Europe ou de l'autre côté de l'Atlantique. Si sous nos longitudes, cet art vernaculaire a été essentiellement prisé par les soldats qui trompaient ainsi les longues heures d'ennui (ou d'angoisse) qui font le charme de la vie militaire, les premiers graveurs américains se sont essentiellement recrutés parmi les hobos, vagabonds légendaires, détenteurs d'une culture établie.
L'âge d'or du Hobo Nickel date de l'apparition de ce qui fut le support privilégié de cet art, le Buffalo Nickel, pièce de 5 cents dont l'alliage riche en cuivre la rendait aisée à travailler et dont l'épaisseur permettait bien des fantaises aux artistes. En outre, sa faible valeur unitaire en faisait un objet extrêmement répandu. La pièce figurait un profil d'indien sur sa face (composé par le graveur originel à partir des portraits de trois chefs différents) et un bison américain sur son envers. Les artistes se basaient souvent sur les motifs originaux pour graver leurs propres oeuvres, ce qui explique que les Hobo Nickels soient si souvent ornés de profils. Ces pièces servaient ensuite de porte-bonheur ou de pendentifs.
Aujourd'hui encore, de nombreux graveurs, amateurs pour la plupart, exercent cet art et les oeuvres datant de la période de circulation du Buffalo Nickel (1913 - 1940) sont furieusement recherchées par de nombreux collectionneurs.
Pour être franc, je ne suis pas absolument certain d'avoir envie de m'habiller chez les tailleurs de Saville Road. Peut-être, si je devais un jour hériter d'un éventuel parent fortuné, irais-je fêter ma sortie de deuil avec un veston fraise écrasée coupé par Oswald Boateng, mais rien de plus.
Pourtant, je dois admettre que cet univers me fascine qui voit les hommes les plus puissants de la planète devenir de disciplinés élèves devant ces maîtres que sont les tailleurs pour hommes. Le dominant n'est pas toujours celui que l'on croit...
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