Lundi 5 janvier 2009
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14:56
Bon. Depuis ce matin, je me demande de quoi je vais bien pouvoir vous causer aujourd'hui. Un week-end morne, sans accès
au garage pour cause grand froid - pas facile de faire du câblage électrique dans une ambiance à 3°, sans Internet et me voilà en rade, à sec. J'en étais à me dire que j'allais faire une photo de
mes nouvelles pompes qui me font super mal aux pieds quand je me suis dit : "reprenons les fondamentaux : qu'est ce que tu détestes ?".
Je ne connais pas grand chose au vélo mais je hais les cyclistes. Je sais que le vélo, c'est un peu comme la moto, mais en moins rapide et plus fatigant. Je sais que, contrairement à la moto, les
gens qui en font ont toujours l'air un peu con ; quel que soit le vélo, quelle que soit la personne. Je sais que les cyclistes sont en général vêtus de manière grotesque, ce qui ne plaide ni en
leur faveur ni en celle de leur discipline. Je sais aussi qu'à l'instar de l'automobiliste, qui d'homo-vulgaris se transforme en Yéti doté d'un cerveau d'amibe paranoïaque dès qu'il a mis son
moteur en route, le cycliste, à peine son casque de clown clipsé sur le crâne, est métamorphosé en urbanaute omniscient, dégoulinant de condescendance et de mépris à l'égard des autres usagers
avec lesquels il est censé partager la voie publique (toute la voie publique, trottoirs compris). Je sais qu'il lui plaît de remonter des voies à sens unique et à largeur réduite au plus grand
mépris des dangers qui le guettent, quitte à obliger ces salauds d'automobilistes pollueurs à faire un écart.
J'en connais qui ne sortent que bardés de gilets fluos, casques réfléchissants et le porte bagage de leur monture obligatoirement nanti d'un panneau fléché "A 1m SVP" qui doit probablement
signaler qu'ils mordent et qu'ils ont la rage. J'en connais qui pensent que le code de la route a été promulgué à l'usage d'une classe particulière de l'espèce humaine, dite inférieure, à
laquelle ils n'appartiennent pas et se trouvent de fait dispensés de toute observation du dit code. J'en connais de cons et j'en connais d'intelligents qui pour peu qu'on parle de vélo deviennent
immédiatement d'infernaux roquets (cf., si je la retrouve, une tribune publiée dans le journal Le Monde par le sémillant Michel Deguy, académicien, poète de renommée internationale bien qu'un
rien abscons et cycliste). J'en connais qui sont convaincus du bien fondé de leur démarche (si j'ose dire), considérant l'automobiliste comme un délinquant incivique et pollueur méritant les
mille morts pour tous les gaz que son véhicule vaporise à chaque accélération. Ces délicieux pédalistes, zélotes néo-convertis, ont généralement acquis, à peu de frais et dans une grande surface
spécialisée, de sémillants vélocipèdes. Peu importe que ces derniers fussent fabriqués à Taïwan ou en Chine dans des conditions sanitaires que refuserait un rat de nos villes par de jeunes femmes
aux doigts délicats, peints de mille couleurs chatoyantes par d'adorables bambins aux doigts également délicats et aux poumons un peu cyanosé par les relents de solvants, transportés de leurs
lointains lieux de naissance vers nos rivages par de magnifiques cargos vintage aux diesels légendairement aussi économes en carburant que discrets en fumées et vendus dans les grandes
surfaces citées plus haut par des salariés en CDD à temps partiels dont le revenu mensuel les situe généralement à peine au dessus du seuil de pauvreté. Peu importe oui, car eux, ils ne
polluent pas et contribuent ainsi à rendre l'air de NOS villes un peu plus respirable. Peu importe également que le le protocole de Kyoto et les accords de Rio n'aient pas pris en compte les
pollutions olfactives telles que le délicat extrait d'aisselles dont nos amis cyclistes gratifient leur entourage professionnel les jours de presse. Peu importe, ils ont raison.
Et par pitié pour eux, j'éviterai ici de parler du modèle sportif, élevé aux hormones et à l'espérance de vie aussi courte que leur souffle est long.
Vous l'avez compris, le vélo, j'aime...
Heureusement qu'il y a ça :
La firme Rivendell est basé en Californie. Elle opère depuis 1994 et produit des vélos de qualité dont les cadres, produits à Taïwan ou sur place,
s'inspirent dans leur dessin et leur assemblage des structures anciennes d'avant la soudure au TIG. Ils sont équipés de composants élégants et sont vendus à des prix stratosphériques (entre 1000
et 4000$). En un mot, des produits d'exception, à tous les sens du terme. Merci.
Vous pouvez voir d'avantage d'image sur le Flickr de Rivendell