Quantcast

Petits Lus

Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 08:08

georges-perec.jpg

Georges Perec

 

 

Claude-Simon.jpg

Claude Simon

 

 

baudelaire_nadar.jpg

Charles Baudelaire

 

 

Charles-Bukowski.jpg

Charles Bukowski

 

 

Harper-Lee.jpg

Harper Lee et Mary Badham

 

 

William-S-Burroughs.jpg

William S. Burroughs

 

 

W-Somerset-Maugham.jpg

W. Somerset Maugham

 

 

Muriel-Spark.jpg

Muriel Spark

 

 

William-Styron.jpg

William Styron

 

 

Philip-Roth.jpg

Philip Roth

 

 

Albert-Camus.jpg

Albert Camus

 

 

Salman-Rushdie.jpg

Salman Rushdie

 

 

Kurt-Vonnegut.jpg

Kurt Vonnegut

 

 

Richard-Brautigan.jpg

Richard Brautigan

 

 

Aldous-Huxley.jpg

Aldoux Huxley

 

 

Julio-Cortazar.jpg

Julio Cortazar

 

 

Mark-Twain.jpg

Mark Twain

 

 

William-Golding.jpg

William Golding

 

 

Roal-Dahl.jpg

Roal Dahl

 

 

Patricia-Highsmith.jpg

Patricia Highsmith

 

 

Carson-McCullers.jpg

Carson McCullers

 

 

Andre-Gide.jpg

André Gide

 

 

Evelyn-Waugh.jpg

Evelyn Waugh

 

 

George-Bernad-Shaw.jpg

George Bernad Shaw

 

 

Henry Miller

Henry Miller

 

 

Truman-Capote.jpg

Truman Capote

 

 

JD_Salinger.jpg

JD Salinger

 

 

nabokov-vladimir

Vladimir Nabokov

 

 

sylvia plath

Sylvia Plath

 

 

Quelques images d'écrivains que j'aime bien (les écrivains et les images). Pour la plupart, elles proviennent de . Les autres ont été glanées petit à petit et j'en ai oublié la provenance.

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 4 janvier 2013 5 04 /01 /Jan /2013 13:56

bibli-3.jpg

 

 

Quand j'étais môme, je tenais des cahiers dans lesquels je notais les titres des livres que je lisais, accompagnés de commentaires, histoire de ne rien oublier. Puis je perdais le cahier et j'en recommençais un autre... Magie de l'informatique, j'ai repris cette manie ridicule et, par la grâce du Cloud, j'ai pu la préserver du désordre et de l'oubli. Retour donc sur une année de lectures, conservées dans leur ordre chronologique.

 

Chester Himes une vie, James Sallis, Rivages

Où il apparaît clairement que le romancier Chester Himes était un gros casse-couilles égocentrique, pas fiable, geignard. C'est fou comme parfois on peut devenir un grand écrivain malgré soi...

La moisson rouge, Dashiell Hammet, Folio noir

Un cauchemar. La pire traduction que j'aie jamais lue. A ne pas comprendre pourquoi Hammet est devenu à ce point légendaire en France, desservi qu'il est par un traducteur qui s'échine à faire ressembler la Poisonville du livre et ses habitants aux personnages d'un film d'Autan-Lara. Heureusement que j'avais lu le bouquin en anglais. J'espère que la nouvelle traduction parue en 2009 répare cet outrage à la littérature et à Hammet.

Les enfers virtuel T2, Iain M. Banks, Robert Laffont

Je lis le Cycle de la Culture de Banks depuis la parution de L'Homme des jeux. Cette fresque anarcho-utopiste m'est assez incompréhensible mais je ne puis m'empêcher de trouver cet ensemble fascinant, alors je continue.

La conjonction interdite, Raphaël Zarka

Un curieux texte à double détente de R. Zarka sur le skate et sa place dans la nomenclature de l'Homme et les jeux de Roger Caillois. Du skateboarding considéré comme une vision du monde. Beau texte qui ouvre pas mal de pistes de réflexion sur les pratiques urbaines et leur sens esthétique et politique.


De l'esprit chez les abrutis, Aleksandar Hemon, 10:18

J'ai le souvenir d'avoi bien aimé ce roman, mais je ne m'en rappelle plus, sinon des scènes de guerre.

La disparition de Majorana, Leonardo Sciascia, Allia

Entendu parler de ce livre sur France Culture et acheté dans la foulée. Un texte sur Ettore Majorana, physicien italien de l'avant-guerre, bizarrement disparu en mer en 1938 en laissant derrière lui un bon paquet d'énigmes.

Les boutiques de cannelle, Bruno Schulz, Gallimard, L'Imaginaire

Un ensemble de textes de cet écrivain juif austro-hongrois qui n'aura publié que deux recueils de nouvelles avant d'être assassiné par la Gestapo en 1942. On y trouve de curieuses résonances, de Gustav Meyrink à Kafka en passant par les contes Yiddish de Singer. C'est absolument magnifique.

La taupe, John Le Carre, Points Seuil

Pour apprécier le John Le Carré d'aujourd'hui, il faudrait n'avoir jamais lu ses romans de la guerre froide. Brumeux, sombre, complexe et infiniment triste, La Taupe est presque aussi beau que Les gens de Smiley.

Traverses, Jean Rolin, Points Seuil

J'aime beaucoup Jean Rolin, mais je crois que j'ai tout oublié de ce livre, que j'ai perdu, de surcroît.

Une poire pour la soif, James Ross, Folio policier

Traduit par l'excellent Philippe Garnier, une histoire rurale américaine, violente et cynique, un peu dans l'esprit de 1275 âmes de Jim Thomson. C'est à ce jour, je crois, le seul roman publié par James Ross, qui écrivit ce texte avant de renoncer et de devenir journaliste d'un petit canard local.

Le Maître du haut château, Philip K Dick, J'ai Lu, Nouveaux millénaires.

Pour les 30 ans de sa mort, J'ai Lu a décidé de retraduire et de republier l'oeuvre du génie cinglé de l'Amérique post sixties. Tout ça reste plutôt indispensable.

La soif primordiale, Panlo de Santis, Métailié

Un joli texte érudit qui mêle références borgesionnes et littérature fantastique populaire dans le Buenos Aires des années 50. Sympa mais dispensable.

Lointain souvenir de la peau, Russell Banks, Actes Sud

J'ai eu le plaisir de retrouver le Russel Banks que j'aime. Celui de De beaux lendemains et de Sous le règne de Bone. Un récit de l'Amérique des exclus, avec comme toujours cette empathie distanciée qui donne une qualité assez particulière aux personnages. Pas son meilleur, mais un beau livre.

Les AnonymesJames Ellory, Livre de poche

Mouais...

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint, Minuit

Une série de réflexions un peu prétentieuses sur l'art décrire par un auteur un peu prétentieux lui aussi, mais qu'il est difficile de ne pas aimer au vu de la qualité de ses derniers romans.

Neverwhere, Neil Gaiman, j'ai lu

J'ai attaqué Neil Gaiman par la face American Gods et Anansi Boys. Du coup, tout est moins bien après. Il n'en reste pas moins que ce mec est un formidable inventeur/raconteur d'histoires dans lesquelles il recycle avec beaucoup de talent le fonds commun des mythologies contemporaines.

Sniper, Nicolaï Lilin, Denoël

J'ai bien peur d'avoir perdu mon temps, là...

Platte River, Rick Bass, Christian Bourgois

Trois très beaux textes de cet ancien ingénieur pétrolier devenu prof de littérature. Le Midwest, le Montana, des images à la Jim Harrison et un ton singulier qui en font un maître de la novella.

L'Oeil du cricket, James Sallis, Folio policier

Le second James Sallis de l'année. On retrouve Lew Griffin, le détective noir de la Nouvelle Orléans. Toujours les mêmes obsessions, un peu moins de persuasion de la part de l'auteur de Drive, son chef d'oeuvre.

La Horde du Contrevent, Alain Damasio, Folio SF

J'avais ce roman culte de la SF française dans ma bibliothèque depuis longtemps. J'ai fini par l'ouvrir et le lire. Beaucoup de très belles inventions, mais un peu de gras. A lire quand même, ne serait que pour frimer dans les dîners.

Monroerama, Françoise-Marie Santucci, Stock

De toutes les publications consacrées à MM au moment du cinquantenaire de sa mort, celle-ci est certainement la meilleure. Une bio composée de textes croisés, dirigée par la journaliste Françoise-Marie Santucci. 

Emily, Stewart O'Nan, L'Olivier

J'avais beaucoup aimé Speed Queen du même Stewart O'Nan, moins ses romans suivants. Je retrouve curieusement dans cette histoire de vieille dame bourgeoise un peu ennuyeuse (la vieille dame, pas l'histoire) cette capacité à construire des personnages crédibles et leur inventer une vie qui m'avait dans séduit dans les mémoires fictifs de la tueuse "white trash".

Cible mouvante, Ross Macdonald,  Gallmeister

Première enquête de Lew Archer, détective dur à cuire dans la tradition chandlerienne. Du vrai bon polar classique à acheter rien que pour encourager le travail de réédition des petits maîtres du polar ricain entamé par Gallmeister.

Anquetil tout seul, Paul Fournel, Seuil

Je vais être franc avec vous, j'ai toujours eu du mal à admirer la prose cyclistique d'Antoine Blondin. Toujours eu l'impression que le barbu s'offrait un peu de littérature sur le dos des héros du vélo. Ce texte de Fournel est le contraire d'une épopée, c'est un précis d'admiration qui met en miroir le destin d'Anquetil, génie du vélo un peu distant, et celui de son jeune admirateur qui deviendra plus tard l'un des plus précieux écrivains français...

Federico ! Federico !, François Garcia, Verdier

Là on fait dans l'intime et le local. Garcia raconte depuis deux romans l'histoire de mon quartier. Le premier, Jours de marché, aurait pu être la biographie de mon grand père, émigré du Pays-basque à Bordeaux en 1914, à quelques détails près. Le second met en scène des mecs qu'aurait pu croiser mon père, dans les rues du quartier de la Victoire ou au Lycée Montaigne. Je ne suis pas certain que ce genre de littérature trouverait grâce aux yeux d'un lecteur ignorant tout de notre histoire et géo locales, mais pour moi, c'est précieux.

Les neuf dragons, Michael Connelly, Points Seuil

Une erreur. J'avais plus rien à lire et il y avait ça sur la table de nuit... Désolé.

L'Avortement, Richard Brautigan, 10:18

J'aime beaucoup cette manière qu'a Brautigan de mêler humour et désenchantement. Ce joli texte dit aussi beaucoup sur une époque (les sixties américaines) moins insouciante qu'on pourrait le croire.

Suicide, Édouard Levé, POL

Edourd Levé écrit Suicide, puis se suicide. Moi je le lis et, pour l'instant, ça va.

Total Recall, Philip K. Dick, Folio SF

Je n'ai pas eu la patience d'attendre que J'ai Lu publie une nouvelle traduction de ces nouvelles alors j'ai lu la "vieille" mouture chez Folio.

L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman, J'ai lu

Ce que j'ai écrit plus haut sur Gaiman vaut aussi pour Nobody Owens. C'est excellent.

Soul circus, George P. Pelecanos, Seuil Policier
Pelecanos semble s'être mis en tête de cuisiner de la littérature avec tous les problèmes américains. C'est un peu amer, mais violent et très beau.


La chartreuse de Parme, Stendhal, Folio

Jamais lu. Toujours repoussé. Le roman total qui aurait dû achever l'histoire de la littérature à sa parution. C'est effectivement prodigieux mais parfois un peu chiant (quand même).

Harry Potter, tomes 1 à 7, Gallimard

Depuis quelques années, je lis des livres à mon fils aîné. Cette année, nous avons entrepris de nous farcir la saga de J.K. Rowling. Sans déplaisir pour ma part et avec passion pour mon morpion de neuf ans.

Mauvais fils, George P. Pelecanos, Points Seuil

Un bon roman familial, déchiré mais optimiste. A lire.

Réserve ta dernière danse pour Satan, Nick Tosches, Allia

Nick Tosches est un gros branleur qui publie beaucoup de petit livres - qui sont en fait de longs articles - un peu décousus, sur certains aspects méconnus de la culture populaire américaine, la musique en particulier. Ici, c'est à la production musicale de l'époque Doo-Wop qu'il s'attaque. J'ai pas tout compris.

Cleveland, Harvey Pekar & Joseph Remnant, Ça et Là

Harvey Pekar a une trajectoire singulière. Scénariste, il a choisi sa propre vie comme matériau. Mise en image par des talents aussi divers que Robert Crumb et la jeune scène bédé américaine. Cleveland est un récit hommage à sa ville natale, servie par le dessin modeste et pertinent de Joseph Remnant. Beau livre.

14, Jean Echenoz, Minuit

 Echenoz poursuit sa nouvelle manière dans ce court roman qui met en scène quatre jeunes gens issus de la même petite ville et envoyés au front en 14. Du mort des premiers jours à la "gueule cassée" rescapée, ces garçons racontent la boucherie de 14. On est loin de l'ironie distanciée et virtuose des premiers romans mais c'est toujours un très beau texte qui fait croire en la force de la littérature.

Gains, Richard Powers, Le Cherche-Midi.

 Gloire à Lot 49, la collection crée au Cherche Midi par Claro et Hofmarcher qui se sont mis en tête de traduire et d'éditer des textes pointus américains. Gains est le sixième roman de Richard Powers publié dans cette collection. L'oeuvre du bonhomme est assez inégale et il faut avouer que ce dernier texte est loin du brio de Trois fermiers s'en vont au bal par lequel je l'ai découverte. Il est ici question d'une femme de la middle class américaine atteinte d'un cancer dont l'histoire est mise en parallèle avec celle de la firme Clare principal employeur de sa ville et pollueuse meutrière. 

Fab Lab, l'avant-garde de la nouvelle révolution industrielle, Fabien Eychenne, fyp

 Où l'on retrouve une de mes obsession : le développement de lieux et de structures propores à accueillir et faciliter la reprise en main du monde technologique par les utilisateurs. Fabien Eychenne, membre de Fédération Internet Nouvelle Génération et expert en processus favorisant l'innovation partagée décrit les différentes formes que peuvent prendre ces laboratoires de prototypage rapide qui pourraient permettre à chacun de produire des objets technologiques avancés. On y revient très bientôt.


Féerie Générale, Emmanuelle Pireyre, L'Olivier.

Au départ bonne surprise de la rentrée, ce texte d'Emmanuelle Pireyre récupère les discours standards de la communication pour les démonter et en faire autre chose. Produire de la littérature en kit et lui donner sens, c'est un beau programme. Dommage que l'ensemble laisse un goût d'inachevé et de plaisanterie virtuose.

Les anneaux de Saturne, G. W. Sebald, Babel et Les émigrants, G. W. Sebald, Babel

J'ai lu l'an passé Austerlitz de Sebald en me promettant d'y revenir. Ces deux très beaux textes sont des prérégrinations physiques : voyages, promenades, biographies, errances au coeur de ce qui fait l'Europe. Du déracinement, de l'exil, des questions. Ces récits qui retracent des biographies diverses se nouent autour de la biographie même de l'auteur qui les catalyse et leur donne sens. Rétrospectivement, j'ai de la chance d'avoir lu ces deux livres magnifiques.

Le cycle de Narnia, C. S. Lewis, Gallimard

Deuxième saga lue avec mon fistion. Un très beau livre qui me laisse à penser que Mme. Rowling a quelques dettes à l'égard de ses grands anciens que sont Tolkien et Lewis. Si vous avez des mômes, offrez leur Narnia.

Savages, Don Winslow, LGF

Du polar contemporain comme je l'aime. Ca va vite, c'est violent et sexy. Ca bouge vite avec un rien de mélancolie. C'est très bien.

Congo, une histoire, David Van Reybrouck, Actes Sud

Le dernier grand chantier de lecture de l'année. Une histoire du Congo (ex Congo belge, ex Zaïre) d'avant la colonistaion à nos jours par un journaliste érudit belge qui a eu le talent de se mettre lui même en scène dans son enquête et ses rencontres. Un livre singulier et éclairant, pas seulement sur l'histoire du seul Congo mais sur la géopolitique à l'oeuvre dans l'asservissement de l'Afrique aux logiques économiques mondialisées et sur ce que les peuples subissent. Je n'avais jusqu'à présent aucun intérêt pour l'Afrique, je suis en train de changer d'avis.

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 21:39

keno-0002.JPG

 

 

 

keno-0005.JPG

 

 

 

keno-0006.JPG

 

 

 

keno-0009.JPG

 

 

 

keno-0010.JPG

 

 

 

keno5.jpg

 

 

 

Queneau2.jpg

 

 

 

keno5

 

 

 

Raymond Queneau, Cent mille milliards de poèmes, Gallimard, 1961

 

Images : La Méduse

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 07:56

A ceux qui me demandent pourquoi le plus jeune de mes fils se prénomme Vladimir, je réponds "Lénine".

Mais en réalité...

 


 

nabokov.jpg

 

 

nabokov-vladimir.jpg

 

 

young_nabokov.jpeg

 

 


Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 07:33

Britney_Spears_oops_06.jpg

 

Voilà un drôle d'agent secret piéton à Los Angeles à qui et pour des motifs qu'il ignore on a confié pour mission de déjouer un complot islamiste visant à enlever ou tuer rien moins que Britney Spears, star mondiale dont la perpétuelle déchéance aiguisant l'appétit de foules charognardes lui vaut d'être poursuivie jour et nuit par un essaim de paparazzis auxquels parfois il se mêle, rejoignant à pied ou en bus les bars, hôtels ou fast-foods qu'elle fréquente, oscillant entre glamour et trivialité, ce qui ne manque pas de le séduire, lui l'espion dilettante, à moins que les tâches de rousseur de la fort délurée Lindsay Lohan ne le distraient de la blondeur poupine qu'il doit protéger, guidé en cela par un paparazzo en chef crypto-marxiste, lui même appointé – du moins le croit-il – par les mêmes services qui l'emploient de loin, de très loin, de si loin même qu'il en finit par se demander si l'on ne serait pas tout de même un peu moqué de lui en lui confiant cette mission pour le moins hasardeuse mais qui lui vaudra une étrange histoire d'amour avec un sosie de l'interprète de Baby, Baby, one more time jusqu'à l'exfiltration vers le Mexique puis la mutation au Tadjikistan où il narrera à son homologue local son interminable et précis arpentage des rues angelines ainsi que sa fascination pour les vedettes et ceux qui en font commerce, le tout dans la langue ronde, riche et précise d'un Rolin en belle forme alternant compassion et ironie dans la description de cet étrange lieu, à la fois centre du Monde et nulle-part absolu, et de ses habitants ; Rolin dont la prose est si virtuose que ce livre pourtant idiot vous laissera comme moi, ému, séduit, vachement bien renseigné sur Britney et un peu amoureux d'elle, aussi.

 

Jean Rolin, Le ravissement de Britney Spears, P.O.L.

 


Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 08:14

058.JPG

 

Lot 49 est une collection initiée par Christophe Claro, auteur, traducteur et désormais éditeur, à l'enseigne du Cherche Midi, une maison jusqu'alors pas vraiment réputée pour son avant-gardisme littéraire. Un entretien avec Claro et Mathieussent - lui aussi traducteur - paru je ne sais plus où - annonçait la couleur : les deux regrettaient que la structure économique de l'édition française empêchât que fussent traduits des ouvrages anglo-saxons difficiles (longs à traduire, difficiles à lire ; donc coûteux et peu susceptibles de rencontrer le succès public) et formaient le voeu de créer un lieu d'édition capable d'assurer la bonne réception française d'ovnis américains. L'affaire fut donc confiée aux bons soins du Cherche Midi qui publiait quelques mois plus tard Trois fermiers s'en vont au bal, de Richard Powers, avec un succès considérable. Pari fou, mais gagné.

 

Depuis, Lot 49 poursuit son chemin avec des réussites diverses : le très gonflant  The Tunnel de William Gass, écrivain de pavés romanesques pour universitaires pervers ou le brillant Oméga mineur du belgo-ricain Paul Verhaeghen dont j'ai dit deux ou trois choses ici, et plein d'autres choses que je n'ai pas lues (je n'ai que deux yeux et j'aime bien dormir la nuit...).

 

Autres électricités est un bouquin étrange qui pourrait se présenter comme l'exact inverse de Moins que zéro d'Easton Ellis. Soit un récit fragmentaire et un rien halluciné d'un automne du nord américain dans un bled hanté par la mort accidentelle (?) de Liz, au retour d'un bal de promotion, un an auparavant. L'essentiel des récitants et protagonistes étant des adolescents du cru.

 

Techniquement, il doit s'agir d'un roman choral, mais j'éprouve quelques difficultés à employer ce terme en ce qu'il m'évoque une symphonie ou un truc plutôt bruyant en lieu de la succession de chuchotements qui constitue le livre. Des monologues intérieurs, ou des monologues tout-court qui tournent sans cesse autour de l'accident dont le récit jamais fait dessine en réalité le portrait d'un village enfoui sous l'ennui comme sous la neige. Un amoureux platonique, une conductrice de chasse neige, le fils d'un radio-amateur... Une white-trash engourdie, rêvant d'évasion mais rivée au lieu comme par une chaîne. La neige et la glace comme décor et comme métaphore.

 

C'est curieux de voir la puissance d'évocation que possède ce livre minimal qui traînait sur mon étagère depuis deux ans et que je me suis décidé à lire dimanche dernier, en quête d'un peu de bonne littérature, denrée rare sur ma table de nuit ces dernières semaines. C'est un livre triste mais infiniment séduisant.

 

Ander Monson possède un beau site web que je vous laisse découvrir, a publié de la poésie, aime les schémas électroniques et les choses cachées dans les choses.

 

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 08:03

klaus-mann.jpg

Klaus Mann (garçon délicat et suicidé en 1949)

posant en compagnie de sa soeur cadette Erika.

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 20:35
Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 21:51

nietzsche_Frederic-Pajak.jpg

 

Friedrich Nietzsche, par Frédéric (!) Pajak

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 10:40

eliot-woolf.jpg

Virginia Woolf (photographiée en compagnie de T. S. Eliot)

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 07:09

becket_home-image.jpg Samuel Beckett

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 07:55

« Je viens d'avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J'ai des cheveux châtains coupés court afin d'éviter qu'ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont : une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l'on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. Cette ampleur de front est en rapport (selon le dire des astrologues) avec le signe du Bélier; et en effet, je suis né un 20 avril, donc aux confins de ces deux signes : le Bélier et le Taureau. Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupière habituellement enflammé; mon teint est coloré; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante. Mes mains sont maigres, assez velues, avec des veines très dessinées; mes deux majeurs, incurvés vers le bout, doivent dénoter quelque chose d'assez faible ou d'assez fuyant dans mon caractère.

Ma tête est plutôt grosse pour mon corps; j'ai les jambes un peu courtes par rapport à mon torse, les épaules trop étroites relativement aux hanches. Je marche le haut du corps incliné en avant; j'ai tendance, lorsque je suis assis, à me tenir le dos voûté; ma poitrine n'est pas très large et je n'ai guère de muscles. J'aime à me vêtir avec le maximum d'élégance; pourtant, à cause des défauts que j'ai relevés dans ma structure et de mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités, je me juge d'ordinaire profondément inélégant; j'ai horreur de me voir à l'improviste dans une glace car, faute de m'y être préparé, je me trouve à chaque fois d'une laideur humiliante. »

 

Michel Leiris, L'âge d'homme, 1939


 

Portrait de Michel Leiris par Francis Bacon Portrait de Michel Leiris par Francis Bacon

 


Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 29 décembre 2010 3 29 /12 /Déc /2010 08:42

sylvia_plath.jpg

Sylvia Plath

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 15:52

paves1.gif

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 08:32

tristan-de_Jesus_the_very_end.jpg

 

 

Il y a des êtres qui sont trop fragiles pour notre monde et que nous devrions protéger. L'art, visiblement, supporte mal cette forme viciée de darwinisme qui détruit les moins aptes à supporter sa violence parce que ce sont précisément ceux-là qui ne accommodent pas du monde tel qu'il est et créent, écrivent ou chantent pour le changer ou au moins nous le rendre un peu supportable. Tristan Egolf fut le grand écrivain de deux chefs d'œuvre, Le seigneur des porcheries (Lord of the Barnyard: Killing the Fatted Calf and Arming the Aware in the Corn Belt) et le présent Kornwolf.

 

Dépressif, il s'est suicidé en 2005, à 33 ans.

 

Son histoire est connue. Dans la droite ligne de la grande geste littéraire américaine, il a exercé 1000 métiers avant de tenter l'aventure européenne et de devenir chanteur des rues à Paris. Là, il rencontre une belle jeune fille qui l'héberge chez elle ; elle s'appelle Marie. Elle le présente à ses parents, qui se trouvent être Patrick et Dominique Modiano. Il traîne avec lui un énorme manuscrit, 100 fois récrit et toujours en cours, celui du Seigneur des porcheries. Grâce à ses relations, Patrick Modiano parvient à le soumettre à des éditeurs américains qui un à un le refusent avant que Gallimard ne se décide à le traduire et le publier. Le roman, on le sait rencontrera un grand succès critique et public – y compris aux USA - qui, un temps au moins, soulagera le jeune écrivain inquiet. Patchwork stylistique convoquant aussi bien Rabelais et Steinbeck qu la figure a posteriori inévitable de John Kennedy Toole, Le Seigneur décrit l'ascension puis la chute de John Kaltenbrunner, inadapté de génie, éleveur de poulets (ou de dindes ?) avant de devenir leader syndical d'une équipe de ramasseurs d'ordures. On y trouve déjà le terreau de Korwolf : la bêtise des sociétés rurales américaines, un hypocrite obscurantisme religieux qui s'accommode souvent fort bien d'un peu de cynisme ; la cupidité ; l'autisme messianique du héros, John Kaltenbrunner, frère jumeau de l'Ephaïm Bontrager de Korwolf. La lecture, pourtant sordide, n'en est pas moins jubilatoire grâce à la virtuosité narrative d'Egolf, à son humour noir et au rythme qu'il intime à son récit.

 

Amateur de boxe et de tauromachie, Tristan Egolf n'est pas homme à refuser le combat. Il retourne à cette Amérique qu'il détestait pourtant et s'engage dans les mouvements pacifistes qui fleurissent alors sous le règne du born-again Deubeuliou et de sa clique d'affairistes enchristés, se met en ménage, a un fils, publie un Jupons et Violons hélas anecdotique et s'épuise enfin à produire son

second chef d'oeuvre, Kornwolf.

 

amish_people.jpg

 

Alors que dans Le Seigneur, le narrateur s'attachait principalement à la trace de John Kaltenbrunner, il s'applique ici à suivre, avec un sens certain de la distribution, les différents personnages de l'histoire, celle-ci gravitant autour d'un jeune Amish muet, Ephaïm Bontrager, héritier d'une lignée monstrueuse et de son double, le journaliste Owen Brynmor. On y croise un père violent, une tante et mère adoptive aimante et ambigüe (mais ça on ne le sait qu'à la fin), un entraîneur de boxe, une lumineuse jeune fille, des voisins abrutis (ce qui semble ne pas manquer dans la cornbelt ricaine), un flic véreux et stupide, des foules paranoïaques et un bon nombre d'américains bon teint légèrement dégénérés ou alcoolisés – ou les deux. Le récit est souvent nocturne, violent, sanglant, oubliant cette fois l'humour qui enchantait Le Seigneur – exception faite des passages relatant les pitoyables aventures journalistico-pugilisiques d'Owen, probable émissaire narratif d'Egolf. La charge est plus que féroce, personne ou presque n'est épargné, ni l'obscurantiste, ni l'avaricieux, ni le libéral couard. Egolf fait défiler dans ces 500 pages la galerie cruelle et exhaustive des types d'une Amérique rurale souvent idéalisée par les ultra-conservateurs ricains, adeptes des Tea-Parties en tête, pour son supposé bon sens et son pragmatisme. Pour gagner en efficacité rhétorique, la charge aurait pu (ou dû) être moins violente, mais elle aurait alors beaucoup perdu de son pouvoir d'évocation. Car c'est dans l'expression de ses sentiments les plus extrêmes – son amour inquiet d'Ephraïm et de la belle Fannie ou sa détestation des culs-bénis – qu'Egolf se révèle un immense écrivain. La diversité des points de vue a ce double mérite de rythmer le récit et de donner sur chacune de ses composantes, Amishs, baptistes ou luthériens, boxeurs, journalistes, flics paniqués, piliers de bistrots, un éclairage singulier et pertinent.

Et curieusement, comme dans Le Seigneur, de ce chaos sanglant parvient à naître une lumière faible mais heureuse, la lueur de vie qui sauve Ephraïm, celle qui rédime Jack l'entraîneur, permet à Owen de trouver enfin sa voie, à Fannie de conserver un peu d'espoir.

 

Mais visiblement, cette flamme que Tristan Egolf aura insufflée à son roman, il l'a trop tôt perdue et nous voici donc orphelins d'un écrivain - un de plus - et désormais gardiens de son œuvre.

 

 

 

Tristan Egolf, Kornwolf, Gallimard Folio ; Le Seigneur des porcheries, Gallimard Folio.

 

 

 

 

Images : Tristan Egolf (source Easysubcult), Amish (source Everythingcu)

Publié dans : Petits Lus - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Commentaires Récents

$$$$$

Syndication

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés